Bedingungsloses Grundeinkommen

Die Vorteile eines universellen europäischen Einkommens

« Les avantages d’un revenu universel européen »

Par Christopher Dembik, économiste, et Karim Bouamrane, secrétaire national à l’innovation du Parti socialiste

Depuis la crise financière mondiale de 2007, la plupart des pays riches sont confrontés à une augmentation de la pauvreté. Avoir un emploi ne protège plus de la pauvreté. En Europe, les travailleurs pauvres représentent plus de 9 % de la population active. En France, ils sont plus d’un million selon l’Observatoire des inégalités.

Face à un phénomène qui parait difficile à endiguer avec les moyens actuels de la politique sociale, une idée ancienne, qui était déjà évoquée par les philosophes Thomas More (1478-1535) et Thomas Paine (1737-1809) au XVIe et au XVIIIe siècle, a ressurgi dans le débat public, celle du revenu universel.

Permettre à chacun d’être l’architecte de sa vie

Il s’agit d’un revenu, en théorie de plusieurs centaines d’euros, distribué sans condition à l’ensemble des citoyens et qui est cumulable avec d’autres revenus. Un tel système a pour vocation de remplacer les allocations actuelles perçues par les chômeurs. Une modulation à partir du seuil de base est envisagée pour s’adapter à la situation financière de chacun.

Plusieurs pays et collectivités locales prévoient une première expérimentation : la Finlande en 2017, le Québec, Utrecht aux Pays-Bas ou Lausanne en Suisse. En raison d’un taux de chômage des moins de 25 ans qui est de cinq points supérieur à celui de la moyenne européenne, la France s’intéresse à ce dispositif qui a été plébiscité par le rapport du Conseil national du numérique remis en début d’année. Le revenu universel constitue une réponse immédiate à la crise mais il comporte aussi trois autres avantages.

Le premier avantage est qu’il permet à chacun d’être l’architecte de sa vie. Le travail salarié ne sera plus une finalité en soi, chaque citoyen pourra choisir librement de travailler en fonction de son projet de vie. Ceux qui feront un choix différent ne seront pas stigmatisés socialement car ils pourront consacrer leur temps à des activités utiles pour l’intérêt général ou participer au développement de l’économie collaborative.

Un filet de sécurité pour les plus fragiles

Le second avantage du revenu minimum universel est qu’il permet d’apporter une sécurité matérielle à tous dans un monde en plein bouleversement. Nos économies développées sont en transition. L’ubérisation, la robotisation, dont les conséquences sur l’emploi sont méconnues, l’essor de l’entrepreneuriat, qui implique de repenser le rapport au travail, sont les principales manifestations de la quatrième vague de la révolution industrielle.

Nous sommes à une époque où le progrès technique n’a jamais été aussi rapide et les grappes d’innovation nombreuses mais, dans le même temps, la croissance économique est faible et la productivité en déclin. Les écarts de richesse entre ceux qui détiennent le capital et ceux qui n’ont que leur force de travail à proposer s’accroissent.

Lire aussi :   « Un revenu universel, ce n’est pas une allocation ciblée distribuée seulement aux plus pauvres »

C’est la première fois dans l’histoire contemporaine que la nouvelle génération considère que son niveau de vie sera moins bon que celui de la précédente. Les plus pessimistes parlent de stagnation séculaire pour qualifier cette période. D’autres rétorquent que nos outils statistiques ne sont pas adaptés pour mesurer correctement les évolutions au sein d’une économie de service et soulignent que les innovations mettent généralement des décennies pour avoir un impact significatif sur l’économie réelle.

Les changements structurels qui s’opèrent auront des conséquences imprévisibles sur l’emploi, la croissance et nos modes de vie mais il est certain, à l’instar des précédentes révolutions industrielles, qu’ils s’accompagneront dans un premier temps d’une précarisation des parcours de vie si l’Etat ne met pas en place un filet de sécurité pour protéger les plus fragiles.

Pour un nouveau projet commun mobilisateur

Le troisième avantage du revenu universel est qu’il pourrait permettre la relance de la construction européenne au moment même où l’Union européenne (UE) cherche un nouveau projet commun mobilisateur qui soit porteur de valeurs positives, comme le fut l’euro au cours des années 1990. Un traité refondateur pour l’UE est indispensable. Il doit s’articuler autour de mesures qui puissent réactiver le rêve européen et réduire le fossé grandissant entre les peuples et l’UE qui a commencé à se creuser à partir du Traité de Maastricht en 1993.

Transcendant les clivages politiques traditionnels, le revenu universel pourrait être d’abord mis en place sur la base du volontariat par quelques pays pilotes, dont la France, avant qu’il ne soit élargi à l’ensemble de l’Union. La réussite de ce dispositif pourrait favoriser un bond en avant dans l’approfondissement de l’UE et aboutir à une convergence réelle des politiques économiques et sociales.

Toutefois, l’adoption à grande échelle d’un revenu universel se heurte à deux objections principales : le coût d’une telle mesure est prohibitif et elle pourrait dissuader les bénéficiaires de travailler.

La première objection n’est pas valide en raison de la richesse des pays développés alors que la deuxième repose sur une méconnaissance évidente du chômage comme fait social. On n’est pas chômeur volontairement. Le revenu universel répond aux changements socio-économiques rapides auxquels font face nos sociétés modernes et à la nécessité de relancer le grand projet européen qui a été complètement stoppé depuis la crise financière mondiale.

En le mettant en œuvre, l’Europe renouerait avec son histoire et avec sa longue tradition de promotion du progrès humain et social.

Christopher Dembik (Economiste) et Karim Bouamrane (Secrétaire national à l’innovation du Parti socialiste)

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/05/02/les-avantages-d-un-revenu-universel-europeen_4911971_3232.html#s6clKV8yMT5SULsA.99

Wir da unten bleiben da unten und erfreuen uns des Lebens

Die wirkliche Alternative zum Kapitalismus

Bisher hatten Menschen aus der Mittelschicht Mitleid mit Menschen aus der Unterschicht und ihnen gezeigt, wie man da rauskommt (Marx, Lenin …). Es hat nicht geklappt, weil außenorientierte Menschen aus der Unterschicht nach vorne gekommen sind (Stalin …). Außenorientiert meint hier die Haltung eines Konsumenten zwischen den Regalen: Brauche ich das oder jenes, diese oder jene Ideologie?1 Innenorientiert meint hier die Haltung eines Hausmanns oder einer Hausfrau: Was brauche ich für meinen Körper, meine Familie, damit diese glücklich und zufrieden sind, ein einfaches Leben aus eigener Kraft führen, möglichst ohne Geld.2 Eine karitative oder eine außenorientierte Haltung, vornehmlich oder allein, können uns also nicht weiterbringen.3

Das hat auch noch tiefer liegende Gründe. Karitatives Handeln ist oft die Kehrseite von Kriminalität (Mafia, Hoeneß …). Außenorientiertes Handeln läuft über den Kopf, nicht über den Körper, alle Sinne, nicht über ein Ich. Selbstbewusste Menschen sind innenorientiert.

„Was brauche ich?“ wird hier von Menschen gefragt, die wissen, dass sie nicht mehr essen können, als in ihren Magen hineinpasst,  und die sich alles selbst oder mit Mitmenschen ihrer Wahl meist ohne Geld besorgen können und deren Sorgen meist nicht über die eines Dorfes (ca. 300 Menschen) hinausgehen. Manche Menschen würden sagen: ein einfaches, glückliches Leben. Menschen waren Anfang des letzten Jahrhunderts in dieser Art zufrieden in ihren Wohnungsbau- und Konsumgenossenschaften, in ihrer Selbstversorgung in den Gärten, in ihrer Kraft gegenüber Arbeitgebern, in ihrer Zuversicht, dass dies einmal die Normalität in dieser Gesellschaft werden würde, und hatten deshalb nicht das Bedürfnis aufzusteigen. Das war die Kraft/Kreativität, die aus der Muße (Radfahrer-, Turn-, Schwimmvereine) kommt wie beim Panther, der stundenlang in den Bäumen liegt. Das war einmal das normale Leben eines Teils der Unterschicht, aber er blieb in der Minderheit. Weil der andere Teil sich durch die Konsumgesellschaft4 verführen ließ, sich einreden ließ, mensch brauche nicht nur ein gutes Brot, sondern 300 verschiedene Sorten. Mensch konnte sich angeblich nicht mehr von selbst oder in der Nähe Angebautem ernähren. Plötzlich musste mensch angeblich fremde Früchte haben, exotische Früchte, Früchte in 20 modischen, „geschützten“ Marken. So verloren die Konsumgenossenschaften ihre Mitglieder.

Heute, da wir nur noch 20% Erwerbsarbeit brauchen für das, was wir benötigen, und das Finanzsystem über kurz oder lang zusammenbricht, erinnern sich viele wieder der Tradition der Muße des einfachen Lebens und der Selbstversorgung ohne Geld (Lehrer in Teilzeit, glückliche Arbeitslose …) und des kollektiven Lebens (Wohnprojekte, Kooperativen …). Arbeit ist in solchen Zusammenhängen keine beschwerliche, fremdbestimmte, das Leben ausfüllende Tätigkeit mehr, sondern eine Tätigkeit, die aus der Muße kommt. Diese aktivierende Muße wird gefördert durch ein Bedingungsloses Grundeinkommen (BGE) von 1500 € netto monatlich für jeden. Es wird zunächst einmal gefordert von selbtbewussten5 Menschen in der Art: Wir haben ein Recht auf Leben (ohne dass dafür erst eine Gegenleistung erbracht wird). Unseren Vorfahren wurden Ländereien genommen, von denen sie sich ernähren konnten. Das BGE kompensiert diesen Verlust. Es ist ein Zwischenschritt zu einem Wirtschaften ohne Geld.

Alle innenorientierten, nicht-karitativen Menschen, die „solidarisch“ mit der Unterschicht sein wollen, geben erst einmal alles an Einkommen und Vermögen ab, was über den Bedarf eines guten Lebens (BGE) hinausgeht, wenn ihre „Solidarität“ glaubwürdig sein soll. Andere sind weiterhin willkommen, bei reformerischen Demonstrationen und Aktionen mitzumachen.

 1 Damit scheidet auch der Ansatz von Hugo Chavez aus („Brot für die Armen“).
2 Damit scheidet auch der Ansatz von Armind Kejrival aus („Das einfache Leben“).
3 Damit ist nichts gegen Menschen gesagt, die aus einer solchen Haltung agieren. Sie leisten weiterhin einen wichtigen, temporären Beitrag in dieser unmenschlichen Gesellschaft, aber nicht an der Spitze.
4 Mensch beachte hier die zwei verschiedenen Bedeutungen von Konsum.
5 „Selbstbewusst“ heißt hier: nicht karitativ und außenorientiert veranlagt.

K.Thier@gmx.com